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Je vous invite dans mon univers poétique ! Bienvenue dans la lecture d'extraits publiés.

 

Exorcisme : l'intégralité du poème édité dans la Revue Nouveaux Délits n°69 (avril 2021) mis en voix par l'éditrice Cathy Garcia Canalès. Merci à elle !

Hors Siècle

Père ! Je sors aveuglé de la grange. J’ai vu ses yeux, son dernier regard vivant. C’était comme une nuit où le brasier vrombit !

Mes jambes courent droit devant, elles sont aimantées par l’horizon où le cri s’en va.

Des mains de Titans serrent mes tempes entre elles et si je n’envoie pas un son hurlant en contrepoids, mon crâne explose. J’arrive au bout de la terre, devant l’eau.

La falaise.

La mer étincelle.

Les vagues mugissent et l’écume crépite sa mousse.

Le sentier est perdu.

Il a suivi les pas de celui qui est parti dans la nuit.

Fleuves

Le remous des fleuves, sans fin,

respire de toutes ses vagues ;

Sa Majesté fuit aux confins.

 

Le remous des fleuves... sans fin !

Le soleil rebondit, enfin,

sur les écumes qui divaguent.

 

Le remous des fleuves sans fin

frissonne à la pointe des vagues.

Les amours

lumière lunaire

sur le drap nu des amants

silence complice

Haïku de la Terre

sauna d'hiver puis

l'argile verte s'étale -

masque craquelé

Haïku de l'Enfance

encrier tout blanc

dans le vieux bureau de bois

violet sur les doigts

Le Violon de Léo

Faut-il
le son de la ville
les débris de la nuit
le fond de l’hiver
pour sentir ton violon ?

tu rengaines
tu rondines
tu dandynes

rafraîchis la Musette
taquines le Tango
assombris le tableau

Le Tambour des lunes

Le désert est vide de chants
et plein des berceuses de la terre
de la pulsation de la peau

Voyage autour de l'eau

eau claire en rivière
la liquide sensation
c'est l'invite au bain

le frais des rivières
le jet des cascades
coule l'eau fière
pousse à l'escapade

Les soirs violets

De jour, les jardins boivent le silence sur les terrasses, de verger en potager.
La lumière étincelle sur l'argent des chênes blancs.
La chouette. Le faucon. L'âne au loin.
Le mas est sur son nid d'aigle, il scrute la plaine, se dore au levant, vire au violet du soir.

 

Prémisses

Pétrir doigts sur épaules
nos âmes désemparées
les sentir blotties
au cercle de nos soins
Prendre la vague entre
nos deux ventres

Mauvais quartier pour la louve

Alors de toutes mes babines je cours, raflant la bise au passage dans la gueule pour y collecter des papilles le goût de la chair, l'encre douce-amère du sang ;
mon museau suit cette odeur, et mon ventre avec.